Maxime Jouval, retour à la terre



À 31 ans, Maxime Jouval se prépare à reprendre l’exploitation agricole familiale. Doté d’un master en maîtrise d’ouvrage urbaine et immobilière et chargé d’opération construction pendant cinq ans, il repart de zéro après une rupture conventionnelle.


Une insertion en douceur

Originaire du Vaucluse (84), Maxime Jouval a grandi au sein de l’exploitation agricole familiale gérée par son père, viticulteur. Attiré par le milieu du bâtiment à la suite d’un stage de géomètre effectué au lycée, il s’est d’abord orienté vers un bac STI Génie civil. “Un peu par défaut”, explique-t-il, “car ni assez bon en littérature pour aller en L, mon choix initial, ni assez bon en maths pour aller en S”. On dira à sa place qu’il fut suffisamment bon dans le reste pour une formation initiale qui le conduira jusqu’au master. Parti suivre une licence de génie civil en Écosse, il en revient bilingue. Et, surtout, enrichi de nouveaux horizons : “Je me suis rendu compte que je ne voulais plus me cantonner au seul bâtiment, mais élargir mon échelle d’intervention à l’aménagement du territoire.” C’est donc dans cette filière qu’il poursuit ses études, jusqu’à obtenir un master 2 à l’Institut d’urbanisme de Rennes. “Une formation absolument géniale, très pratique, qui nous a permis de travailler en collaboration avec des étudiants en architecture sur des projets de renouvellement urbain de quartiers de Rennes.

De l’insertion...

Après six mois de recherche d’emploi, il arrive à Paris en 2013 pour rejoindre la société d’économie mixte Plaine Commune Développement (93), sur un poste de chargé d’opération construction. De ses débuts, il garde le souvenir d’une “très bonne expérience, avec la chance d’avoir beaucoup appris auprès de la directrice du pôle Construction”. Alors qu’il commence à se sentir autonome au bout de trois ans, germe le projet de reprendre l’exploitation viticole familiale. Ne se voyant pas poursuivre sa vie en milieu urbain, il commence à en parler à son père, proche de la retraite. “Il était heureux mais ne m’a pas poussé, m’a dit de prendre du temps pour réfléchir.” Sûr de sa décision, il fait le choix de la transparence et négocie une rupture conventionnelle avec son employeur.

... à la reconversion

Son projet tient alors en deux temps : d’abord, un CAP d’ébénisterie à l’école d’ameublement de Paris, avec la perspective de remettre en route les machines à bois de l’exploitation familiale ; ensuite, un brevet professionnel de responsable d’exploitation agricole spécialité viticulture et œnologie. Il aurait pu, comme son père, se contenter d’une transmission familiale mais cela l’aurait privé des aides publiques accordées aux jeunes exploitants. Après avoir obtenu son diplôme d’ébéniste et déménagé, il a, depuis, entrepris son brevet à distance et commencé à travailler sur le domaine familial. Est-il heureux d’avoir osé tourner la page ? “Absolument ! Je me suis installé dans l’ancienne maison de ma grand-mère, mon père me laisse du temps pour faire quelques travaux et je travaille dans les champs, en ce moment à la taille de la vigne, c’est une insertion en douceur”, conclut-il.

BIO

2005

Bac STI génie civil

2012

Master maîtrise d’ouvrage urbaine et immobilière

2018
Validation du CAP ébénisterie, début du BP responsable d’exploitation agricole en vue de la reprise de l’exploitation familiale


Mot(s)-clé(s) : Reconversion

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