Paule Maîche, de la psychiatrie à la librairie



À Audierne (Finistère), Paule Maîche a raccroché la blouse de psychiatre pour reprendre une librairie. Après plusieurs mois de formation intensive, elle savoure une nouvelle routine professionnelle. Paule insiste sur l’importance d’être soutenue par
ses proches lors d’une reconversion professionnelle.


Une reconversion, ça demande de l’énergie, c’est un bouleversement. Mais moi, je sais pourquoi je le fais”

C’ est jour de réception de marchandises au Quai de l’imaginaire. Les cartons pleins de livres s’entassent derrière le comptoir, et Paule Maîche termine une vente. À l’aise avec le logiciel de caisse, elle semble avoir fait ça toute sa vie. Elle débute pourtant dans le métier de libraire.

“Mon grand-père voulait être libraire”

Retour en octobre 2020. Paule quitte son poste de psychiatre en hôpital. “J’estimais avoir fait le tour de la profession. Je suis passionnée par la discipline depuis mes 15 ans, et j’en ai 50 aujourd’hui. La dégradation des conditions de travail en milieu hospitalier, et la difficulté de changer de spécialité médicale en France, m’ont aussi motivée. Mon grand-père voulait également être libraire. Et comme c’est le seul métier que je me voyais faire, à part psychiatre...
Quand le Quai de l’imaginaire est en vente, Paule n’hésite pas. “C’était maintenant ou jamais, une telle opportunité ne se représenterait pas.

Commence alors un parcours de formations à distance, à cause du Covid. “J’ai connu cinq mois de formation assez intenses, jusqu’en avril. J’ai suivi des modules à l’École du livre à Paris (maîtriser ses achats, agencer le magasin, etc.), avec l’organisme de formation Exxea (formation de vente en librairie) et avec l’organisme Livre et lecture en Bretagne. C’est une agence régionale qui accompagne – entre autres – les libraires dans leur projet, les aide à monter un dossier de subvention, les oriente vers les bonnes formations et recense les dates. J’ai aussi fait un stage, avec l’ancien propriétaire.
Un programme loin d’être définitif puisque Paule compte enchaîner avec d’autres formations, “sur la com’ et la vitrine”.

“Il faut assumer le regard des autres”

Dans la réserve de sa librairie, elle ne cache pas avoir connu des moments de doute. “Mais ça m’a redonné la pêche. Je n’avais plus l’énergie de me rendre à mon ancien travail. Oui, je suis fatiguée avec tout ce qui m’arrive, mais c’est de la bonne fatigue car je suis dans quelque chose qui me plaît ! J’ai un nouveau quotidien qui se met en route. Et mon activité démarre un peu fort : avec le Covid, mon magasin n’a pas fermé et les gens avaient besoin de sortir, de lire...
Paule est catégorique : impossible de mener un tel projet sans un soutien familial derrière. “Une reconversion, ça demande de l’énergie, c’est un gros bouleversement avec ses moments de doutes. Il faut assumer le regard des autres qui ne comprennent pas toujours. Surtout quand, à leurs yeux, on quitte quelque chose de confortable, et de sécurisant, pour prendre un tel risque ! Mais moi, je sais pourquoi je le fais.


Bio

1988
1ère année à la faculté de médecine
de Saint-Antoine (Paris)

1999
Thèse à la faculté de médecine de Marseille

Octobre 2020
Reconversion professionnelle, quitte son poste
de psychiatre en hôpital et devient libraire


Mot(s)-clé(s) : Reconversion

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